CAPDH : UNE SYNERGIE DE JEUNES AU SERVICE DE LA CITOYENNETÉ ACTIVE

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C’était en présence d’une marée de personnes, bondant le terrain des 1008 logements, que s’est tenue, ce samedi 15 février à 15h, la journée de sensibilisation du Centre d’Assistance et de Promotion des Droits Humains (CAPDH), placée sous le thème : « Rencontre d’échanges en langue bambara entre la population et les acteurs de la chaîne pénale : Justice-Gendarmerie-Police ».

Dévoués pour la défense des droits de l’homme, les membres du Centre d’Assistance et de Promotion des Droits Humains, comme à l’accoutumée, ont organisé une journée de sensibilisation mettant face à face la population des 1008 logements et les acteurs de la chaîne pénale. En effet, pour répondre aux nombreux soucis des usagers quant au fonctionnement de l’appareil juridique au Mali, qui demeure pour bon nombre de personnes un mystère, le CAPDH a plus que jugé nécessaire d’initier une telle cérémonie. Pratiquement, personne ne voulait se faire raconter ladite journée vu l’importance et la teneur de la thématique qui était à l’ordre du jour. Ce qui expliquerait, en large partie, cette foule hétérogène venue prendre d’assaut un terrain croupissant sous son poids. Du chef de quartier aux autorités administratives et civiles en passant par la population, majoritairement jeune, tous ont été favorables à l’appel lancé par, si l’on se tient aux propos tenus par certains responsables de ladite circonscription, des jeunes engagés pour le développement de leur localité.
Dans un souci d’édifier les invités, des spécialistes de chacune des structures de la chaine pénale ont été confiés à l’occasion. Il s’agit entre autres de Adama DIAWARA, substitut du Procureur de la commune VI, de Tahala MAIGA, le CB de la gendarmerie de Faladié et de Ibrahim TOGOLA, commissaire de police. Tous ont tenu à éclairer l’assistance sur le fonctionnement de leurs départements respectifs dans les moindres détails. Par ailleurs, à l’unisson, ces cadres, incarnant l’ordre et la justice, ont insisté sur la nécessité de la coopération des populations pour une plus grande efficience de l’appareil judiciaire. Par la même occasion, ces hôtes de marque ont dénoncé certains comportements des justiciables, eux-mêmes, qui alourdissent le bon fonctionnement de la chaine pénale. Pour ces différents intervenants, les responsabilités sont partagées et s’étendent jusqu’aux concepteurs des lois qui, parfois, n’associent pas les citoyens concernés lors de l’élaboration de celles-là.
Créé depuis 2008, le Centre d’Assistance et de Promotion des Droits Humains a pour combat de tous les jours, sans relâche aucune, d’éclairer non seulement la lanterne du citoyen lambda sur les procédures juridiques afin de les protéger contre les exactions des acteurs de la justice, mais aussi et surtout de démystifier ce secteur de la balance qui est vu par une grande partie de la population comme un domaine fermé. Se donnant pour mission de protéger et de promouvoir les droits de l’homme à travers le Mali, cette organisation, bénéficiant du soutien de l’ambassade du Royaume du Danemark à travers le Fonds d’Appui aux Moteurs du Changement (FAMOC), de sa création à nos jours, a mené beaucoup d’activités et de formations sur les droits de l’homme dans presque toutes les régions du Mali et le district de Bamako.
Conscient de la réticence du peuple malien au sujet de la justice par le simple fait que la plupart ignore leurs droits, comme pour briser d’avec leur silence, M. Lamine KONÉ, le représentant du CAPDH, lors de la journée, dans son discours introductif, invita les participants à prendre la parole pour se prononcer sur le thème du jour, en ces termes : « Ce soir, au sujet de la justice, au cours de cette journée d’échanges, tout sera débattu sans tabou. Alors, quand viendra l’heure de la question-réponse, que chacun prenne la parole, dans le respect et la courtoisie, pour dire, sans réserve, ce qu’il pense afin d’en avoir des réponses fiables ».
À l’occasion de cette rencontre, le conseiller du chef de village, M. Chaka KONÉ, a témoigné de sa grande satisfaction à l’endroit des initiateurs de cette journée qu’il compare, de part sa richesse, à une université. Selon lui, une telle initiative, vu son importance, mérite d’être multipliée et pérennisée afin de permettre aux populations environnantes d’être mieux informées au sujet de la justice qui incombe à tous. Avec un ton moins humoristique que sérieux, il attire l’attention de l’assistance sur un fait selon lequel la population est mieux informée sur le rôle des sapeur-pompiers que sur celui des acteurs clés de la justice. Pour ce faire, un tel cadre d’échange, pour lui, est une opportunité à saisir pour mieux comprendre la fonctionnalité de l’appareil juridique. Lui emboitant le pas, Amadou DICKO, président du comité de gestion de la cité a mis en évidence le caractère actuel du thème abordé à travers cette déclaration : « C’est un sujet qui est courant et qui sera toujours courant. »
Cette rencontre, animée de main de maitre par le duo, Abdoulaye SOUMARÉ, maitre de cérémonie et de Docteur Djibril SANGARÉ, modérateur, a été à la hauteur des attentes. De toute évidence, cet acte citoyen est salutaire à plus d’un titre au regard de la situation actuelle du pays où les populations sont de plus en plus victimes d’exactions relatives à l’appareil pénal. Ce genre de rendez-vous contribuera, efficacement, à réduire considérablement le fossé de méfiance entre justiciables et justiciers.
Souleymane DIALLO/ Duniya Kibaru.net

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