ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC LE LIEUTENANT-COLONEL, OUSMANE SAMAKÉ, AUTEUR DE ‘’L’AVENTURE MYSTÉRIEUSE DE FAGNOUMASUIVI DE L’ACADÉMIE AFRICAINE’’

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L’auguste famille des écrivains du Mali s’enrichit davantage de nouveaux adhérents. Ainsi, l’un d’entre eux et non des moindres, le Lieutenant-colonel, Ousmane SAMAKÉ, écrivain, auteur-compositeur-interprète, a retenu toute notre attention, de par sa singularité. Il a bien voulu se prêter à l’entretien que nous lui avons sollicité.

 Bonjour M. SAMAKÉ, veuillez, à la fois, vous présenter et présenter votre ouvrage au grand public.
• Bonjour, je suis Lieutenant-Colonel Sapeur-pompier Ousmane SAMAKÉ dit H’erz Baba Cool, Chef de Division des Études à la Direction Générale de la Protection Civile du Mali. En dehors de ma profession, avant d’intégrer la protection civile, je faisais de la musique. J’ai même sorti un album dont le clip passait à l’ORTM ainsi que sur certaines chaines internationales. Je suis auteur-compositeur-interprète et écrivain.
Concernant mon livre, il s’intitule ‘’L’aventure mystérieuse de FAGNOUMA Suivi de L’académie Africaine’’ (La Bambarisation du Français) que je viens de publier en France, au mois de mars 2020. C’est une collection de deux œuvres, la première partie est un roman d’aventure et la seconde est un nouveau genre littéraire « Roman-Conte ». Le terme Roman-Conte est un néologisme qui n’existe pas encore dans la langue Française. C’est un style d’écriture qui est fidèle à ma manière de narrer la deuxième partie de mon ouvrage. Tout l’ouvrage est Bambarisé. La Bambarisation qui est également un nouveau mot qui n’existe pas encore dans le dictionnaire Français, est un concept, une vision, un style d’écriture dans la langue Française tout en valorisant la culture, les us et mœurs maliens. C’est la transcription du Bambara en Français ; dans l’annexe du livre, j’ai donné la signification, la traduction de tous les mots et expressions que j’ai employés dans l’œuvre. J’aime ma culture, je suis un malien Bambara et c’est la seule manière pour moi d’être authentique dans mes récits.

 D’où vous est venue l’idée d’écrire ?
• J’ai commencé à écrire dès le bas âge, à l’âge de 12 ans. Comme j’ai bien mentionné en amont, je faisais de la musique, j’écrivais tous mes textes en français. À l’époque, les autres jeunes chantaient en Bambara mais, moi, je voulais faire autrement que les autres ; c’est pourquoi j’écrivais mes textes en français. Mon premier album était entièrement en français. C’est la musique qui m’a donné la passion d’écrire. En tant que grand passionné de l’art, il est arrivé un moment, quand j’avais de l’inspiration, je faisais la part des choses ; je savais immédiatement que telle inspiration est musicale ou littéraire. C’est avec la poésie que j’ai commencé à écrire. Comme vous le savez autant que moi, la poésie est très proche de la musique. Au fil du temps, presque chaque soir, j’écrivais un nouveau poème ; arrivé à un moment, je voulais encore plus grand. Un soir, en écrivant un poème, je me suis dit pourquoi ne pas écrire un roman ? L’idée donc d’écrire un roman est partie de cette inspiration.

 Quels sont les thèmes abordés dans l’œuvre ?
• J’aborde presque tous les thèmes d’actualité dans mon ouvrage. Je parle du passé et explique comment les choses se faisaient, jadis, en Afrique plus précisément au Mali et maintenant, comment ces choses ont évolué négativement ou positivement. Pour bien élucider votre question, je dirai tout simplement que j’aborde dans mon livre les thèmes suivants : les méfaits du changement climatique, le mariage forcé, la bienveillance, les relations humaines parentales et sociales, la chance, l’égoïsme, la méchanceté, l’injustice, la démagogie, la destinée, l’insolence, la ruse et bien d’autres thèmes non moins importants encore.

 Que justifie le choix de ce thème sur le mariage, notamment le mariage forcé ? Est-ce une manière, pour vous, de condamner cette opinion, de nos jours, selon laquelle le mariage est une affaire personnelle ?
• En fait, comme vous le savez chaque personne a sa manière de voir les choses et n’analyse pas de la même façon ; je pense bien qu’il faut, tout d’abord, relativiser les choses ; mettre les choses dans leur contexte et accepter les différences.
Depuis très longtemps, le mariage en Afrique se faisait par le consentement des parents. C’est le père qui choisissait l’épouse de son fils. Il pouvait la choisir dans son propre village ou dans le village voisin. Avant de faire ce choix, le père envoyait en mission ses représentants dans la nouvelle belle famille de son fils pour s’entendre sur la dot. En fait, ces derniers partaient pour tester la femme, mener des enquêtes sur elle, sur la base de remarques personnelles, car on pense qu’en Afrique, certaines femmes sont porteuses de malheur et que les marier à son fils, pourrait rendre la famille malheureuse. L’homme et la femme se mariaient sans qu’ils ne se connaissent car la tradition interdit tout contact charnel entre les prétendants. À cette époque, il n’y avait jamais de mariage forcé. L’Afrique ne connaissait pas ce genre de mariage que nous appelons actuellement le mariage forcé. Chaque enfant était censé faire preuve d’obéissance à ses parents. La décision des parents était une volonté pour l’enfant et non une obligation. Cette volonté était un devoir primordial car chaque enfant avait peur que ses semblables l’appellent enfant maudit. Ils respectaient la coutume, les mœurs, et la tradition.
Donc, si la décision ou l’ordre du père était une volonté pour l’enfant pouvons-nous parler de mariage forcé ?
Dès l’enfance, l’enfant avait en tête que la tâche de choisir la femme avec qui il va vivre pour le meilleur et pour le pire ne lui convenait pas. La décision de choisir passait de génération en génération. Le père choisit la femme de son fils, le fils aussi, à son tour, choisit la femme de son enfant. Les enfants avaient en tête que jamais les parents ne feraient un mauvais choix.
Mais cette époque a disparu, dès que l’homme blanc s’est installé en Afrique, en disant : « Désormais, cette terre est ma colonie. »
Il est venu avec ses lois, ses doctrines, ses principes, pour nous coloniser et changer les idéologies. Cette nouvelle page de l’histoire de l’Afrique a changé les bases fondamentales de l’Afrique. C’est pourquoi, de nos jours, l’enfant africain a l’audace de s’arrêter en face de son père et dire : « Non papa, je ne le fais pas ! »
Tout simplement, c’est parce qu’il a vu pareil scénario dans les feuilletons. Remarquons aussi que, actuellement, les mariages ne se font que par le consentement des deux mariés :
Est-ce que ces mariages durent de nos jours ?
Tout simplement, c’est parce que les deux mariés se sont unis par passion et non par amour. Nous savons que tout mariage qui se fait par passion ne dure pas ; par contre, l’amour est éternel, car Dieu lui-même est amour.
Les Blancs vivent dans une famille nucléaire par contre nous les Africains, nous vivons dans une famille traditionnelle avec les parents, les frères et sœurs, les tontons, les cousins, les voisins, les amis… tous sous un même toit. Les réalités ne sont pas les mêmes.

 Pourquoi avoir porté le choix sur le roman-conte ?
• Le Roman-Conte est la seconde partie de mon ouvrage. Comme vous le savez, dans cet ouvrage, j’ai fusionné deux genres littéraires : le Roman et le Conte. J’aime toujours faire autrement, amener du nouveau. L’écriture c’est un art et un art est un talent, une création, un style. Rien ne m’oblige à écrire comme les aînés ou comme l’autre au bout du monde, j’ai ma propre nature et mes écrits sont le fruit de ma propre personnalité qui est unique.
Au lieu de raconter les contes successivement, 1 : il était une fois… ; 2 : il y a très, très longtemps… ; mais pourquoi ne pas recréer l’atmosphère d’une époque qui a tendance à disparaitre, sous nos plumes ? C’est pourquoi, j’ai eu l’idée de toucher le cœur des vieux, que l’actuel ouvrage va leur rappeler leur enfance, tout en véhiculant un message, en suggérant une bonne conduite aux enfants.
J’ai eu l’habitude de lire dans les livres français : Roman autobiographique, Roman historique, Roman policier… mais je n’ai vu dans aucun texte littéraire “Roman-conte” car le roman est un genre littéraire à part, tout comme le conte ; mais cela ne pose pas de problème car, on entend par “Roman-conte”, un récit imaginaire, qui met en scène les personnages, dont un personnage fictif qui, arrivé au terme de la sagesse, raconte les “N’ZIRIS”, pas aux lecteurs mais aux personnages du roman.
C’est pourquoi, ce nouveau genre s’appelle le “Roman-conte” et doit exalter les écrivains à sa pratique et à sa fréquentation.

 Quels messages souhaitiez-vous transmettre à travers cette œuvre ?
• Je veux transmettre à travers cette œuvre le courage, la persévérance et la détermination. Croire en soi-même car personne ne peut le faire à notre place. Se faire un objectif dans la vie et chercher les voies et moyens pour atteindre l’objectif c’est le secret du bonheur. Je pense que dans cette vie, nous avons tous un rôle à jouer, nous ne sommes pas des assistants mais plutôt tous des participants. Nous avons tous droit au bonheur. Sans la persévérance et la détermination, je n’allais jamais sortir un album et un livre en même temps. C’est juste une manière de dire que dans la vie nous devons être sujets et non compléments.

 Pourquoi le choix d’éditer l’œuvre en France ?
• C’est juste une question de choix, je pense bien que les maisons d’édition au Mali ont des difficultés, des problèmes de publication. Au Mali, le problème n’est pas comment écrire un livre ? Mais plutôt comment se faire publier et comment assurer la promotion, c’est-à-dire l’accessibilité, la distribution de l’ouvrage partout dans le monde ? C’est compte tenu de toutes ces réalités dans la publication que j’ai décidé de me faire publier en France. Mes analyses m’ont montré, aussi que les livres, les ouvrages de tous les grands écrivains du Mali, de l’Afrique francophone ont été publiés en France. Je veux dire par là que les grands hommes de la littérature africaine tels qu’Amadou Hampâté BA, Seydou Badjan KOUYATÉ, Léopold Sédar SENGHOR, CAMARA Laye, Amadou KOUROUMA etc. ont publié en France.
Les éditeurs maliens eux-mêmes sont conscients de toutes les difficultés de publication des œuvres ; surtout pour les débutants écrivains, ce n’est pas du tout facile de se faire publier au Mali. Le problème n’est pas seulement aux maisons d’éditions mais, aussi, le public malien. Comme vous le savez, nous, les Maliens, n’aimons pas beaucoup lire. Quelle est donc la résultante d’une telle situation ? Après la publication de l’œuvre qui va l’acheter ?
Bref, pour répondre à votre question, au Mali on a problème de publication, de promotion, de l’accessibilité de l’ouvrage partout dans le monde…
Mais, de nos jours, avec l’arrivée des jeunes maisons d’édition, nous gardons l’espoir : la tendance commence à changer.

 Quel message voulez-vous véhiculer par le choix du nom et l’attitude du personnage Fagnouma dans le roman ?
• Fagnouma signifie en Bambara ‘’Bon Père’’. « Fa » qui veut dire Père et « Gnouma » qui veut dire Bon. Je veux transmettre par le nom et l’attitude du personnage de Fagnouma, la bonté, l’amour pour son prochain, la résilience, l’espoir, la réussite, l’union, la solidarité, le respect, l’intelligence, la détermination et la persévérance… Fagnouma est l’incarnation du bien sur le mal.

 Qu’explique tant votre attachement aux valeurs africaines tout au long de cet ouvrage ?
• C’est l’amour de ma culture qui m’a motivé à écrire les valeurs africaines tout au long de mon livre. J’aime ma culture, je suis un Africain, un malien bambara ; jamais de la vie, je ne peux être une autre personne qu’un descendant de « Djitoumou Balla » qui était un grand connaisseur de la tradition africaine. Je suis bambara, je pense en bambara, je dors en tant qu’un bambara et le matin quand je me réveille, je salue mes parents dans la langue bambara ‘’AW NI SOGOMA N’FA…N’BA’’ Bonjour papa et maman.
En écrivant cet ouvrage, c’est en pensant dans ma langue maternelle, que je suis arrivé à l’écrire ; ce qui justifie même l’innovation dans mon livre ‘’La Bambarisation du Français’’.
Pour moi, le chemin du développement de l’Afrique passe par la valorisation de nos cultures, c’est le seul moyen. Et cette culture passe par nos langues maternelles ; valorisons, industrialisons, alors, la culture malienne si nous voulons que le Mali se développe un jour.

 Quel message cachez-vous derrière la maladie et le voyage du vieux BAH à la fin du second volet de l’ouvrage ?
• Comme vous le savez, les sages disent que chaque chose a un début et une fin ; dans un roman aussi il y’a un commencement et une fin. Je ne cache rien derrière la maladie et le voyage du vieux BAH qui est le personnage principal de la seconde partie de mon livre. En un premier temps, c’était juste une manière de tirer mon roman vers sa fin. Vous le savez aussi bien que moi que la maladie et le voyage peuvent donner une pause, un congé obligé à toute chose. Le vieux BAH en tant que le personnage narrateur de mon roman est tombé malade donc il ne pouvait plus narrer le conte aux enfants, au moment de sa maladie et il était obligé d’aller se soigner dans le village de DARA FARADA. Dans mon livre, j’ai essayé de relativiser les choses, le passé et le présent. Avant, seule la maladie et le voyage pouvaient mettre une pause au moment de transmission de connaissances aux enfants à travers les contes, les épopées, les légendes… Maintenant, les choses ont changé ; nous ne narrons plus les petites histoires aux enfants ; la télévision a remplacé les vieux. Actuellement, l’amie fidèle des enfants c’est la télévision. Même parfois, cette télévision, elle-même, fait des pauses ; en cas de coupure ou de délestage électrique, vous constaterez que, dans les familles, les enfants sont tristes, mécontents parce qu’ils ne peuvent plus regarder leurs feuilletons préférés.

 Qui voulez-vous incarner dans le domaine de l’écriture ?
• À dire vrai, je ne veux incarner personne, que ce soit dans le domaine de l’écriture ou dans d’autres domaines. Je veux être moi-même. Je pense bien que, dans ce monde, nous sommes tous différents les uns des autres. Nous sommes tous uniques dans notre propre nature, identité. Pour moi, incarner une personne, c’est comme être une copie de cette personne alors que nous sommes tous différents. Par contre, j’ai beaucoup d’estime, de respect, d’amour, si vous voulez, la même vision que certains écrivains, en Afrique tels qu’Amadou Hampâté BA, Amadou KOUROUMA, Seydou Badian KOUYATÉ … en Europe tels que Raoul Follereau, Lamartine, Platon… et en Amérique tels que Martin Luther King, Malcolm X…

 Comment êtes-vous parvenu à écrire cet ouvrage malgré votre statut d’homme de tenue ?
• Comme je l’ai si bien dit depuis le début, avant d’être un homme de tenue, j’ai été d’abord un auteur-compositeur et écrivain. Mon livre qui vient d’être publié cette année en France, je l’ai écrit des années avant d’intégrer la protection civile. Et c’est cette année que Dieu m’a donné la chance de le publier. Quand je suis devenu un homme de tenue, tout ce que j’avais à faire c’était de chercher une maison d’édition pour publier l’œuvre que j’avais écrite depuis longtemps.

 Quel message avez-vous à l’endroit des jeunes qui ont pour passion l’écriture et aussi à l’endroit de vos collègues porteurs d’uniforme ?
• Concernant les jeunes qui veulent écrire, je leur dis : de ne jamais se décourager, d’avoir la confiance en soi, la détermination et la persévérance car rien n’est impossible pour être ce que nous-mêmes, nous voulons devenir dans la vie. Et non ce que les autres veulent qu’on soit ; malgré leur critique, leurs pièges… Nous sommes le seul sujet de notre vie. La clé de notre réussite dépend de notre manière de « Rêver » et ne laisse personne canaliser, diriger cet état d’esprit ; ‘’un enfant qui est destiné à être roi ne restera jamais dans une écharpe de portage’’.
Concernant mes collègues porteurs d’uniformes, tout ce que je peux leur dire, c’est ma salutation sincère, nous sommes « une unité », l’union fait la force, ensemble nous protégerons, veillerons sur notre MALIBA. Le Mali de Soundjata, de Babemba, de Kankou Moussa, de Djitoumou Balla etc. Nous descendons, tous, de grands hommes et ensemble le Mali est et restera Un et Indivisible.

 Comptez-vous vous arrêter en si bon chemin ? Autrement dit, avez-vous d’autres projets d’écriture ?
• Je suis quelqu’un quand je fais un choix je ne m’arrête jamais malgré les difficultés, les obstacles ; je resterai écrivain à vie Inchallaou. Mon second livre est en voie de publication dans une autre maison d’édition française avec laquelle j’ai déjà signé le contrat de publication. Ce livre s’intitule ‘’La tête se rase mais pas sa destinée’’ ; dans trois mois, ce livre sera publié en France et disponible sur toutes les plateformes de ventes en versions papier et numérique. J’ai, également, écrit un troisième livre qui s’intitule ‘’ Une princesse pour trois amis homonymes » ; après la publication de mon deuxième livre, je compte publier ce troisième bébé. Dans les jours à venir, je compte monter un grand projet autour du livre. Ce projet va être unique en son genre, qui va regrouper, à la fois, les écrivains et les artistes musiciens maliens ; tous autour d’un même objectif, la valorisation de la culture malienne. Ce projet va être une grande innovation, une création dans le monde entier. Je crois bien aux aboutissements de ce projet car il est réaliste. Je suis mieux placé pour le monter avec mes confrères musiciens et mes contemporains écrivains car je connais bien ces deux domaines. Pour l’instant, je ne souhaite pas trop entrer dans les détails car je dois le nourrir comme un bébé.

 Quel sera, pour vous, le mot de la fin ?
• Je tiens d’abord à remercier Dieu, le Tout Puissant pour la grâce qu’il a mise en moi. Mes sincères remerciements à mon père, Colonel Bah SAMAKÉ, Gendarme à la retraite et à ma mère, Salimata DOUMBIA. Je salue ma femme depuis New York avec ma petite princesse et mes autres enfants. Je remercie toute ma famille, mes collègues, mes amis, vous-mêmes et toute votre équipe, sans oublier mes lecteurs et lectrices car sans eux je ne suis pas écrivain.
Interview réalisée par Souleymane DIALLO/Duniya kibaru.net

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