PAYS DOGON : OGOBABNA 2020, LE THÈME RETENU POUR CETTE CINQUIÈME ÉDITION SUSCITE DES INCOMPREHENSIONS

0
493

La célébration de la cinquième édition du festival OGOBAGNA a débuté ce lundi 27 janvier 2020. L’organisation de cet évènement est devenue une tradition pour les Dogons. Il se déroule à la place du Cinquantenaire de Bamako. Cette année, le festival durera une semaine, allant du 27 janvier au 02 février 2020. Le thème retenu cette année porte sur :<< Les valeurs sociales, culturelles et économiques de la cotonnade au pays Dogon.>>

Le lancement du festival OGOBAGNA a eu lieu le lundi 27 janvier 2020, en présence de plusieurs autorités, à savoir : la ministre de la Culture N’diaye Ramatoulaye DIALLO, le président du GINNA DOGON, Mamadou TOGO, le maire de la commune de Sengha, et bien d’autres personnalités encore.
L’accès au lieu est gratuit du matin jusqu’à 16h, mais est conditionné le soir à l’achat de bracelets à des prix variés. Le programme de cette année est assez modeste et renchérie par la lutte traditionnelle. La journée a commencé par l’accueil et l’installation des exposants et invités. Après quoi, les exposants étalent leurs produits pour émerveiller touristes et clients. On y trouve des médicaments et objets traditionnels, des pagnes indigo et bogolans, des colliers, pour ne citer que ceux- là. À ceux-là, s’ajoutent des libraires qui ont également pris part à l’événement. Quant aux cuisiniers, venus pour la circonstance, ils proposent des viandes rôties, des mets traditionnels tels que le Tô, le riz, le fonio et la bière locale.
Le festival OGOBAGNA regroupe toutes les filles et fils du pays Dogon en particulier et ceux du Mali en général. Par ailleurs, c’est un lieu d’échanges et de retrouvailles entre les différentes ethnies qui composent le Mali. Nous avons la participation des Songhoys, des Dogons, des Bozos, des Peuls, etc. Chaque matin, il y a des animations un peu partout, des élèves et étudiants, des policiers et des gendarmes s’y promènent, certains se mettent en procession. Côté artistique et folklorique, des pas de danse significatifs ont ébloui la foule. La nuit, suivant le programme, les artistes invités viennent prester afin d’égayer les nombreux visiteurs et autres badauds.
Si le festival a drainé du monde, il faut cependant noter l’absentéisme de part et d’autre, chose qui est extrêmement rare. M SOMBORO pense que <<Cette année, l’organisation du festival n’est pas perçue d’un bon œil par tous à cause de cette maudite crise qui sévit au pays Dogon. Si c’est dénoncer le malheur du pays Dogon, je les salue, mais si c’est juste pour remplir les poches des organisateurs, c’est ridicule et sans honneur. >>
Il faut, par ailleurs, noter que le thème retenu cette année ne fait pas l’unanimité, voire suscite l’incompréhension en raison de son incompatibilité avec les réalités actuelles au pays Dogon, dont la crise sécuritaire, ponctuée de massacres de populations. << Les valeurs sociales du pays Dogon reposent essentiellement sur la protection des êtres humains. Car, au pays Dogon, la vie est sacrée et respectée. La culture de l’économie et du coton sont secondaires >>, disait Hervé SOMBORO, secrétaire à l’information de la jeunesse de Bandiagara.
Pour cela, certaines réflexions devaient être mises en avant telles que la résolution définitive du conflit entre les agriculteurs et les bergers. Il faut ajouter, par ailleurs, que le sentiment anti-Dogon, s’est manifesté sur les lieux car si, certes, d’aucuns portaient fièrement leurs tenues traditionnelles, force est de constater qu’il y a certains qui ont refusé de la mettre sous le prétexte que : << Le pays Dogon sombre dans l’obscurité>>. Le festival de cette année ne restera, certainement, pas dans les annales de l’histoire du OGOBAGNA.
Ousmane AMBANA/Duniya Kibaru.net

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici