FIN DE LA GRÈVE DES SYNDICATS DE L’ÉDUCATION, SIGNATAIRES DU 15 OCTOBRE 2016

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La série parsemée de grèves des enseignants signataires du 15 octobre 2016 qui avait paralysé le système éducatif du pays depuis décembre 2019, vient une fois de plus trouver un dénouement ce vendredi 11 septembre 2020 à Kati, suite à plusieurs jours de négociations entre les leaders syndicaux de l’enseignement, le CNSP, les représentants des ministères de l’Education Nationale, de l’Administration territoriale, de l’Economie et des finances. Les cours reprennent donc sur toute l’étendue du territoire malien, ce lundi 14 septembre 2020.

Décidément, la loi No 2018-07 du 16 janvier 2018 portant sur le statut du personnel enseignant de l’éducation secondaire, l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale encore connue, si on peut le dire, sous l’acronyme « article 39 » a passionné les débats et suscité, désaccord, mécontentement et manque de confiance entre les enseignants et le gouvernement d’une part et indignation et lassitude des élèves et parents d’élèves d’autre part, le tout au risque d’une année blanche.
En réalité les enseignants ne demandaient ni plus, ni moins que l’application effective de la loi, le sacré article 39, une majoration salariale estimée à 10%. Après des mois de grèves, l’ex- Président de la République, Ibrahim Boubacar KEITA, qui, suite à la pression populaire avait fini par intimer l’ordre à l’ex-premier ministre, Docteur Boubou CISSÉ, de prendre incessamment des dispositions requises pour l’application de cet article. Prenant les paroles de IBK pour argent comptant, les enseignants avaient prouvé leur bonne foi en regagnant les classes aussitôt. Le consensus entre les deux protagonistes était une prise en charge pleine et entière de cet article au plus tard au mois d’août ou de septembre 2020, avec rappel des arriérés de 2020, et ceux de 2019 devrait suivre un mois plus tard, d’après le procès-verbal de conciliation du 17 juin 2020.
A la grande surprise des enseignants, qui attendaient voir des traces d’application de l’article sur au moins les bulletins de salaires du mois d’août, il n’en était rien. Aussitôt les représentants de la synergie ont mené des investigations, suite auxquelles, ils ont découvert le pot aux roses. En effets, d’après Adama Fomba, le porte-parole de la synergie, certains responsables du ministère de l’éducation et des ressources humaines de la même structure sous l’ex régime auraient tripatouillé le procès-verbal de conciliation. Eu égard à la mauvaise volonté du gouvernement de s’assumer, la synergie avait dit devoir prendre des dispositions idoines face à ces manœuvres sournoises. C’est ainsi qu’une grève illimitée jusqu’à satisfaction des doléances avait été instruite par la synergie depuis le 17 Août 2020.
Pendant que des pourparlers de sortie de crise étaient en cours, dans la foulée, le mardi 18 août 2020, un coup de force militaire avait mis fin au régime d’IBK ; aussitôt, le CNSP, alors les nouveaux patrons de la République, dans une logique de la continuité de l’État, avait initié des rencontres avec la synergie, qui au début était inflexible sur une application immédiate de leur article 39. À force de concessions et de compromis de plusieurs acteurs dont le Haut Conseil Islamique et la société civile, les enseignants et le CNSP ont fini par accorder leurs violons sur les points suivants:

  • Alignement de l’indice plafond de la catégorie A à 1267 (Prise en charge de l’article 39) à partir de novembre 2020 ;
  • Le payement des arriérés des mois de janvier à octobre 2020 sur les salaires du mois de novembre 2020 ;
  • Payement de la première moitié des arriérés de 2019 sur les salaires du mois de décembre 2020 ;
  • Payement de la seconde moitié des arriérés de 2019 sur les salaires du mois de mars 2021 ;
  • Alignement de l’indice plafond de la catégorie A à 1382 pour compter du 1er janvier 2021 ;
    À ce stade, la question logique que l’on se pose, est celle du sort réservé à l’année scolaire 2019-2020.
    L’année pourra-t-elle être sauvée ? Si oui, les passages et redoublements dans les classes intermédiaires se feront-ils sur quelle base ? Les examens nationaux pourront-ils se tenir étant donné que les élèves des établissements publics sont loins de finir les programmes d’études ? Quel sera le sort de nos meilleurs élèves qui bénéficieront des bourses d’excellence, étant donné que la nouvelle année scolaire a presque déjà commencé dans les pays hôtes ?
    Mohamed TRAORÉ / Duniya Kibaru.net

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