FAMAS : UNE QUINQUAGÉNAIRE TIMORÉE ?

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Le 20 janvier 1961 marque le départ des dernières troupes militaires françaises du Mali et la naissance de l’armée malienne. Ce 59ème anniversaire est placé sous le signe de la compassion, à tous ceux qui se battent, pour un Mali rasséréné.

« Soutien aux Famas ! » Nous sommes dans une période où l’armée malienne a besoin du soutien des Maliens sur tous les plans. Alors, parler des insuffisances et des attentes de cette armée, c’est aussi mettre le doigt sur la plaie. Comme le dit un vieil adage bambara : « joli tɛ suma nɛn kan. » (La plaie ne guérit pas sur le pus).
Dans le même ordre d’idées, un autre adage véhicule : « Fanga ni mɔgɔ tɛ filan ye. » littéralement, nul n’est l’équivalent du pouvoir. Cette pensée populaire traduit l’autorité, la force, ou la puissance des forces de l’ordre vis-à-vis des civils qu’ils sont censés protéger et par la même occasion, toute la soumission des seconds envers les premiers.
Il est vrai que les rapports entre nos hommes en tenue et les civils n’ont pas toujours été au beau fixe au regard des nombreuses exactions commises de part et d’autre : raquettes, abus de pouvoir et d’autres actes qui empoisent les relations entre ces deux catégories de citoyen. Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. En effet, quoiqu’on puisse dire à propos de nos FAMAS, elles resteront le rempart derrière lequel chacun de nous se sent en sécurité. L’armée malienne est, à n’en point douter, la garante de notre bien être collectif. Au regard donc de ce rôle de premier plan qu’elle tient, elle a besoin d’être bâtie sur des critères rationnels. Il est vrai que les FAMAS ont jadis forgé leur réputation sur la base de la rigueur dans le choix des Hommes car envisagée autrement, une telle armée ne saurait défendre la patrie ; c’est-à-dire fondée sur des considérations familiales ou par d’autres affinités relationnelles. Construite sous cet angle, elle devient un fourre-tout. Ce qui est inacceptable car préjudiciable à toute nation pour la défense de la Patrie. Évidemment, l’armée ne doit pas être un refuge pour cancres. Au Mali, aujourd’hui, nous avons l’impression que l’armée est réservée aux vauriens. Car ces derniers temps, le constat est que bon nombres de recrues se trouvent être des jeunes ratés des failles des systèmes politiques successifs, ou de la defaillance de l’éducation familiale, en général. Et, aujourd’hui, notre armée, jadis pétrie de vaillance, se trouve être handicapée par une horde de brebis galeuses en son sein. D’où l’indiscipline résiduelle dénotée le plus souvent dans ses rangs dont l’abandon de poste ou des armes à l’ennemi et même purement et simplement la fuite. Ce que nous souhaitons par dessus tout pour nos FAMAS, c’est de rester républicaine et moins envieuse des strapontins douillets car cela éparnerait au peuple les effusions de sang issues des coups de force, dont, malheureusement, nous avons encore les tristes souvenirs. Enfin, le peuple malien demande pour ses hommes en armes, la culture du mérite, quand il s’agit de gravir les échelons. À ce sujet, il s’interroge pourquoi autant l’accentuation de la crise sécuritaire malgré tant de généraux au sein de l’armée ?
Rester derrière les soldats est le devoir de tout bon citoyen. Mais un soldat hors de l’éthique et la déontologie de l’armée devient automatiquement le bourreau de celui qu’il est appelé à sécuriser. En raison des nombreuses difficultés traversées en ce moment et la situation actuelle du pays, nous osons espérer pour nos FAMAS, de retrouver leur éclat d’antan.


Lawalé Chaka / duniyakibaru.net

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