GRÈVE DES ENSEIGNANTS DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES : L’ENTÊTEMENT DE BOUBOU CISSÉ AUTOUR DE L’ARTICLE 39 RISQUE DE COMPROMETTRE L’ANNÉE SCOLAIRE 2019-2020.

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Le lundi 16 décembre dernier, a débuté une grève, de cinq jours, des enseignants des collectivités territoriales. Celle-ci est la conséquence du manque de consensus trouvé entre lesdits enseignants et le gouvernement malien, le dimanche 15 décembre, lors de la 3ème journée de la commission de conciliation au ministère de l’éducation nationale. La pomme de discorde, entre les deux parties, reste l’application de l’article 39 de la loi 007, portant statut du personnel enseignant.

Cette année scolaire a déjà essuyé sa toute première grève. En effet, les enseignants des collectivités territoriales ont observé à partir du lundi 16 décembre dernier un arrêt de travail pour une durée de cinq jours. Leur action est la résultante de l’échec des négociations engagées, par la commission de conciliation au ministère de l’éducation, entre le syndicat enseignant et le gouvernement malien.
Il faut juste rappeler que depuis l’année dernière, les enseignants des collectivités territoriales ont engagé un bras de fer avec le gouvernement pour une majoration des salaires ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail. À l’issues de consultations antérieures, la partie gouvernementale, représentée par le premier ministre Boubou CISSÉ qui avait lui- même reconnu la pertinence des revendications et les avaient accordées conformément à l’article 39.
Seulement, l’application avait été reportée pour cette année scolaire 2019 – 2020. Mais à la surprise générale des enseignants, le premier ministre via son gouvernement a avancé des modalités dans l’application dudit article qui ne semblent pas du tout trouvées échos favorables auprès du syndicat. Il s’agit pour le gouvernement de concéder un plafond de 1100 à compter de janvier 2020 et un autre de 1200 à partir de janvier 2021.
Bien évidemment, les enseignants ont rejeté ces modalités car disent-ils, elles ne sont que l’expression du maintien du gouvernement dans sa position antérieure. Aussi, c’est une situation qu’ils imputent déjà à la mauvaise foi de l’État malien qui par ce retournement de sa veste leur a imposé cette grève. En guise de réaction, les enseignants en question revendiquent purement et simplement l’application stricte de l’article 39 de la loi 007 portant statut du personnel enseignant et qui est à l’origine de toutes les crispations.
À l’heure où nous sommes, les négociations semblent au point mort car les enseignants sont plus que jamais déterminés à leur tour à se maintenir dans la position du jusqu’au boutiste. En tout état de cause, le spectacle auquel il nous est donné d’assister promet d’être très tendu en raison des radicalisations de part et d’autre.
Il est opportun de noter par ailleurs que cette génération d’enseignants à laquelle se trouve confrontée le gouvernement est des plus intraitables par opposition à la vieille garde conciliante, docile et malléable à souhait. Dans ces conditions, pour ce combat, ni les détours, ni la langue de bois ou les trafics d’influence encore moins les manœuvres d’intimidation ne sauraient triompher. Les enseignants estiment avoir fait trop de concessions dans cette lutte et que par la même occasion, ils semblent en faire les frais.
Au regard donc de la situation qui prévaut, cette année scolaire risque d’offrir un spectacle sombre, émaillé par des grèves intempestives aux conséquences lourdes à supporter surtout pour les apprenants. Il serait, quoiqu’il advienne, préférable que le gouvernement quitte sa logique de réactions tardives du médecin après la mort à laquelle il nous a habitués car comme on a coutume de le dire : « mieux vaut prévenir que guérir.» Affaire à suivre !
Kia SISSOKO

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