LA ONZIÈME ÉDITION DE LA JOURNÉE DE L’ÉTUDIANT EN LETTRES : LE CHALLENGE DE L’EXCELLENCE RELEVÉ

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Pour ne pas enfreindre la tradition, les membres du Club lettres, avec à leur tête Monsieur Bazoumana DIARRA, ont, donc, organisé la journée culturelle et sportive de l’étudiant en lettres, ce samedi 30 novembre 2019 dans l’amphi 500 de la cité universitaire de Kabala. Comme pour témoigner de leur attachement aux belles lettres, des professeurs aux étudiants en passant par les amoureux de cette discipline ont répondu massivement présent à l’appel de leurs frères et sœurs qui ont, en ce jour, la charge de conduire à bon port ce prestigieux bateau qui les unit, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Parlant du Club lettres, il faut noter que c’est un regroupement d’étudiants fondé en 2008 sous la houlette du Département Lettres de l’ex- FLASH. De sa création à nos jours, ce Club s’est surtout investi afin de promouvoir les filières littéraires aussi bien au plan national que sous régional.
La cérémonie prit tout son envol par le discours rassembleur du président du Club lettres en la personne de M. Bazoumana DIARRA qui, au cours de son allocution, a tenu à rendre un vivant hommage à tous les acteurs de l’organisation de ladite journée. Particulièrement au parrain de l’évènement, Dr Diola KONATÉ, représenté par Dr Mamadou DIA, ainsi qu’aux partenaires dont le Rectorat ULSHB, le CENOU, le Cabinet de la Première Dame, l’ORTM, Renouveau TV, Innov éditions, et Kirène Mali, pour leur soutien inconditionnel et infaillible à la cause de leur Club. Il profita de l’occasion pour exprimer toute sa gratitude, sans hypocrisie aucune, vis-à-vis du don de soi de chacun des membres dudit club pour la réussite indéniable et surtout pour l’intérêt accordé à ce jour solennel et mémorable. Un tel dévouement, selon lui, ne peut qu’être rassurant pour un avenir radieux du Département Lettres à travers leur organisation, et en faire, parmi tant d’autres, la vitrine de la Faculté des Lettres, Langues et des Sciences du Langage. À ce propos, il concéda : « Je lance un appel auprès des étudiants du Département Lettres pour qu’ils continuent de fédérer leurs efforts et leurs idées comme ils ont toujours fait pour que notre Département, avec lui, notre Faculté et notre Université, soit la fierté et la référence du Mali et dans la sous-région. ».
Parlant de la thématique de la journée : « Quelle responsabilité pour les étudiants dans la gestion de la crise sécuritaire au Mali ? », le président, se fiant à ses propos, fera remarquer que le choix de ce thème, loin d’être le fruit du hasard, prendrait plutôt ses racines dans l’insécurité rayonnante et déconcertante qui gangrène actuellement notre pays et cela depuis janvier 2012. Selon lui, les étudiants ont pleinement un rôle à jouer dans le retour de la paix et la stabilité au Mali. À l’issue de cette conférence regroupant un public majoritairement estudiantin, dans une salle archicomble, à coloration ethnique diverse, affluant de tous les horizons du pays, il attend de voir, en chacun, le rôle de messager de la paix auprès de leur communauté respective.
Cultivant l’humilité dans toute sa fraicheur, le président mettra en exergue la soif inassouvie des membres du club de la quête du savoir, loin de toute prétention d’être au firmament de la connaissance à en juger par la diversité des activités organisées lors de ces journées.
Au cours de cette onzième édition du club lettres, de nombreux intervenants abordant des sujets aussi divers que sensibles, se sont relayés au présidium pour édifier l’assistance. Il s’agit entre autres du chef de Département Lettres, Dr Aboubacar Abdoulwahidou MAIGA qui félicita, à sa juste valeur, l’organisation avant d’évoquer les difficultés rencontrées par son département allant du caractère stagnant du budget alloué malgré l’accroissement chaque année des effectifs jusqu’aux suggestions insensées de « la suppression pure et simple » de leurs filières.
Comme pour valoriser la filière lettres et répondre aux railleries remettant en cause le bien- fondé de ce département, Dr M’Bégué KONÉ, représentant du Dr Mohamed MINKAILOU, doyen de la FLSL, énumérera les différents débouchés relatifs aux sortants de cette branche d’étude à savoir : la diplomatie, les médias, les agences de communication, les maisons d’éditions, les relations internationales, les ONG, etc. Il renchérira en ces termes : « On est avant tout littéraire avant d’être ce qu’on est. »
C’est après toutes ces brillantes interventions que place fut accordée à la conférence animée par Dr Mamadou DIA, représentant du parrain de la cérémonie Dr Diola KONATÉ qui se dit fier d’être honoré par ce titre. En fin orateur, le conférencier a su passer son message dans une salle euphorique et totalement conquise par les propos tenus sur les causes et les vrais acteurs responsables de la dégradation de la situation sécuritaire dans notre pays. Selon le Dr Mamadou DIA, le conflit entre peulhs et dogons n’est qu’un complot savamment monté par des puissances impérialistes qui ont tout intérêt à nous diviser. Ensuite, il exhortera la jeunesse à dénoncer, partout où besoin sera, les mauvais agissements des fauteurs de troubles dans notre pays. Pour cela, il suggère que les réseaux sociaux peuvent servir comme moyens de relais d’informations à propos s’ils sont judicieusement utilisés. Par ailleurs, l’éloquent orateur ne manquera pas de fustiger le comportement de ceux qui font la fête ici à Bamako au mépris du calvaire vécu au quotidien par leurs compatriotes des zones sensibles en proie aux atrocités. Et le conférencier de rappeler que même si la France aide aujourd’hui le Mali, cela devrait être perçu comme un acte de reconnaissance en raison du fait que c’est notre patrie qui, la première, a dû sortir les français des mauvaises passes dans lesquelles ils se retrouvaient jadis.
Abordant dans le sens du rôle prépondérant des hommes de lettres dans la résolution des conflits, le modérateur de la conférence, M. Arouna KONÉ, à l’image de nombreux intervenants, évoquera de grands auteurs dans le domaine des lettres à l’instar des Frantz FANON, Jacques Rabé MANANJARA, Victor HUGO, Paul ELUAR, Léopold Sédar SENGHOR et bien d’autres encore qui se sont servi soit de leurs ouvrages soit de leurs engagements physiques comme instruments de stabilité sociale.
Cette auguste journée, empreinte de solennité n’a pas manqué de célébrer l’excellence parmi ses membres à travers la remise de distinctions honorifiques dont des prix aux plus méritants dans différentes catégories dont la poésie, la lecture, le slam, le débat et la course de relais. Pour le concours de lecture, les meilleurs, par ordre d’arrivée, sont : Awa Boubacar TOGOLA, Zéinab TRAORÉ, Maimouna TRAORÉ, Adam DIARRA, Awa SOUMAHORO. Quant à la poésie, les étudiants récompensés sont : Maimouna TRAORÉ, Fatoumata Bintou SIDIBÉ et Djibril TRAOÉ. Dans la catégorie débat, le groupe vainqueur fut la Licence 2 et les prix des meilleurs orateurs ont été attribués à Abdoulaye Smaila MAIGA, Salimata CAMARA et IBRAHIM DIARRA. En ce qui concerne le concours de slam, c’est le duo Amadou KONÉ et Abdoulaye Ismail MAIGA qui remporta le prix du meilleur slammeur. Par ordre de mérite en compétition sportive et précisément en relais, les meilleures ont été : Oumou dite Konimba TRAORÉ, Bintou TRAORÉ, Adam SANGARÉ, Awa SOUMAORO. À l’issue de ces cérémonies de remise de distinction, il faut noter que la gente féminine s’est montrée dominatrice de bout en bout. En plus, des attestations de reconnaissance ont été remises à une dizaine d’anciens étudiants du département pour leur accompagnement indéfectible.
Si cette journée mérite d’être inscrite dans l’anthologie des modèles d’organisation, il faut cependant rappeler avec amertume qu’elle a essuyé des actes de sabotage venant de la part de certains membres indélicats de l’AEEM qui se sont illustrés par des comportements aussi incompréhensibles que puérils. N’eut été la ferme détermination des participants et organisateurs de cette journée que rien ne pouvait ébranler, le boucan infernal sciemment produit tout le long de l’évènement l’aurait négativement impacté. De toute évidence, ces actions traduisent, à suffisance, un vrai manque de maturité de ceux censés garantir le bien-être de l’ensemble des élèves et étudiants du Mali.
Comme on a coutume de le dire, les bonnes choses semblent de courte durée. C’est ainsi que le rideau s’est refermé sur cette journée. Le public a eu droit à des prestations d’artistes dont Digalo, bien d’autres et la troupe Jean Pierre GUINGANÉ. En tout cas, c’est dans une ambiance bonne enfant que la onzième édition de la journée culturelle et sportive de l’étudiant en Lettres s’est achevée, ponctuée de rythmes musicaux aussi bien du terroir que d’ailleurs. Vivement l’édition prochaine !
Souleymane DIALLO

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