LES SYNDICATS DE L’ÉDUCATION, SIGNATAIRES DU 15 OCTOBRE 2016, REJETTENT LA TRÊVE DEMANDÉE PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, IBRAHIM BOUBACAR KÉITA

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Décidément, les syndicats signataires du 15 octobre 2016, semblent plus que jamais, déterminés à aller jusqu’au bout de leurs revendications face au gouvernement de Boubou Cissé. Les raisons semblent pourtant assez évidentes car, si, en plus d’aller en grève lundi prochain, ils ont aussi déjà adressé un autre préavis de grève aux autorités compétentes en la matière. Par cet acte, les syndicats s’opposent donc, fermement, à toute trêve, comme l’avait souhaitée, le Président de la république, dans son discours de nouvel an à la nation.

Les syndicats de l’éducation, signataires du 15 octobre 2016, semblent, cette année scolaire, sur le pied de guerre. Les récentes propositions, faites par le Premier ministre, Boubou CISSÉ, Chef du Gouvernement, Ministre de l’Économie et des Finances, n’ont vraiment pas apaisé les esprits.
Ce que les syndicats exigent, c’est bel et bien l’application stricte de l’article 39 de la Loi N°2018-007 du 16 janvier 2018 Portant Statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale. Il faut rappeler que l’année dernière, Boubou CISSÉ, lui- même avait reconnu la légitimité des revendications puis avait rassuré de leur satisfaction dès la rentrée de cette année.
Mais à la surprise générale des syndicats, un autre langage a été tenu au lieu de l’application stricte de l’article 39, conformément aux engagements du Chef du gouvernement, pris lors des négociations. En fait, le premier ministre a finalement proposé d’appliquer progressivement les clauses dudit article jusqu’en 2021.
Cette proposition très impopulaire avait été balayée en bloc par les syndicats qui, pour manifester leur mécontentement, avaient observé une grève de soixante douze heures. La nature ayant horreur du vide, ils décident de poursuivre leur lutte face au mutisme du gouvernement quant à la situation. En effet, en raison du statu quo qui prévaut, les syndicats en plus d’aller en grève le lundi 06 janvier prochain jusqu’au vendredi 10 inclus, un autre préavis de grève, datant du 02 janvier 2020 a déjà été adressé au Ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique. Dans ce courrier, les syndicats déclarent que bien qu’ils soient disposés au dialogue, ils se réservent cependant le droit d’observer une grève de 14 jours, soit 336 heures allant du mardi 21 au vendredi 24 janvier 2020 et du lundi 27 au vendredi 31 janvier 2020 et du lundi 03 au vendredi 07 février 2020 inclus, au cas où la revendication ci- dessus citée, qui celle d’appliquer strictement l’article 39, n’était pas satisfaite.
De toute évidence, cette situation met en exergue la détermination farouche du mouvement syndical qui se dit disposé à aller jusqu’au bout de ce bras de fer qui l’oppose depuis au gouvernement de Boubou CISSÉ. En tout cas rien ne semble ébranler ce mouvement, encore moins les appels, à la trêve, lancés par le Président de la république, son excellence Ibrahim Boubacar KÉITA, à l’occasion de ses vœux de nouvel an, adressés à la nation, pour tenter d’apaiser les assauts des syndicats intransigeants dans leur lutte. Il faut souligner qu’IBK, dans son discours au peuple malien, pour l’année 2020, a évoqué la nécessité d’une trêve de la part des syndicats.
Mais visiblement, cet appel n’a pas été entendu par des enseignants excédés par la langue de bois de leurs interlocuteurs. Cette année scolaire promet déjà de fortes perturbations si des solutions idoines n’étaient pas trouvées pour cette situation riche en rebondissements. Déjà que la baisse du niveau de nos élèves est alarmante, des sorties intempestives, comme cela s’annonce en ce moment, ne feraient qu’empirer la situation.
Affaire à suivre !
Souleymane KONATÉ

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