A BAMAKO, LA MARCHE PACIFIQUE DES ENSEIGNANTS FINIE EN QUEUE DE POISSON

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Les enseignants, dans la logique de réclamation de l’application de l’article 39, ont initié une marche pacifique ce mercredi 11 mars 2020 sur toute l’étendue du territoire. A Bamako, cette marche, dûment autorisée, par madame le maire de la commune III, dégénère rapidement et se transforme en un affrontement sans merci entre enseignants et forces de l’ordre.

En s’appuyant sur la lettre N02020 -008/SES du 06 mars 2020, les syndicats de l’éducation, signataires du 15 octobre 2016, ont adressé une correspondance à Madame le maire de la commune III, pour notifier leur marche pacifique du 11 mars 2020. Comme voudrait la logique, la lettre intégrait l’itinéraire de la marche qui allait de la Place de la Liberté du Monument de la paix au rond-point Niuma Belleza et la Place de l’indépendance. A en croire les enseignants, la lettre a bel et bien été ratifiée par Madame le maire pourtant des avis proches du gouvernement prétendent un correctif sur l’itinéraire qui serait intimé par Madame le maire excluant la place de la liberté par crainte que les enseignants ne prennent d’assauts la cité ministérielle qui jouxte le Monument de la paix.
Convaincus de la légitimité de leur marche pacifique, les enseignants étaient loin de se douter que les policiers ont reçu des instructions fermes quant à l’accès de la place de la liberté. Les enseignants sortis par milliers, confiants et sereins dans leur manifestation pacifique, convergeaient innocemment en rang serré vers l’abîme. Soudain une petite bouteille de gaz lacrymogène fuse, tirée à bout portant sur les manifestants, l’arme dissuasive de prédilection des policiers vient frayer une brèche dans le rang des enseignants, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase.
Cette situation créa la panique et ce fut la débandade générale au sein des enseignants dont certains n’ont dû leur salut qu’à l’agilité de leurs jambes.
Cette marche qui au départ se voulait pacifique offrit un véritable spectacle de sauve – qui – peut et eut pour mérite de semer l’incompréhension générale dans les esprits. En tout cas, cette affaire, opposant, depuis, syndicats de l’enseignement et gouvernement connait au fur et à mesure de nouveaux rebondissements. On deplore des blessés parmi les enseignants, mais plus de peur que de mal.

De toute évidence, cette situation n’augure rien de bien si ce n’est qu’attiser davantage les frustrations et nourrir les tensions dans un pays déjà en proie à de multiples fractures sociales. La démocratie et le droit bafoués dans notre république. Malmener les enseignants de la sorte donne beaucoup à réflechir. Prompt retablissement aux blessés.
Souleymane Konate/Duniya Kibaru.net

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