BOUBOU CISSE, LE BOURREAU DES ENSEIGNANTS GREVISTES.

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C’était ce dimanche 19 janvier, lors de l’atelier de validation des grandes orientations politiques et la mise en oeuvre des résolutions et recommandations du Dialogue National Inclusif que le premier ministre, chef du gouvernement, Boubou CISSÉ, a profité pour évoquer la situation des enseignants grévistes des collectivités territoriales en brandissant une menace de radiation à leur encontre.

C’est à une circonstance bien particulière que le premier ministre a profité pour soulever la question de la crise qui oppose son gouvernement aux syndicats de l’éducation, signataires du 15 octobre 2016. À ce sujet, c’est un Boubou CISSÉ complètement décontracté mais visiblement agacé qui exposa, à son auditoire, tous les efforts, selon lui, consentis par l’État pour tenter de ramener les enseignants grévistes dans les classes. Il fit toutefois allusion à la commission de bons offices constituée, dit-il, de chefs coutumiers et religieux pour tenter de raisonner le corps enseignant protestant mais sans succès. Ainsi dit, séance tenante, Boubou CISSÉ sollicita les membres de la majorité présidentielle et signataires des accords politiques de gouvernance de s’impliquer dans cette crise avant de lancer son ultimatum à travers ces propos : « Je demande aux politiques, constituant la majorité présidentielle, signataires de l’accord politique de gouvernance, de nous aider à affronter ces difficultés. Si vous parlez, ça donnera plus de force à l’État, au gouvernement et je suis sûr que ça mettra plus de pression de la part de ceux qui refusent d’entrer en classe aujourd’hui. Mais ce dont je peux vous assurer aussi, nous n’allons pas accepter ce qui s’est passé l’année dernière, particulièrement au niveau fondamental, et, je le dis ici, je souhaiterais qu’au moment venu, vous puissiez aussi nous accompagner(…) Mais si dans deux semaines les enseignants ne retournent pas en classe, nous allons procéder à un recrutement exceptionnel de 15000 enseignants qui ont été formés dans nos IFM, qui sont sans emploi, qui sont qualifiés, c’est à ceux-là que nous allons faire appel sur la base du volontariat. Ça sera un contrat à durée déterminée en fonction de comment les choses vont évoluer, nous allons procéder à leur intégration et je voulais compter sur vous sur ce point. » À ces declarations, le premier ministre se fit chaudement ovationner par une horde de courtisans parmi l’assistance. En tout cas, il est évident que, par ces propos, c’est une entorse grave à la liberté syndicale, en particulier, et aux fondements de la démocratie, en général. Le comble est que le chef du gouvernement demande aux suiveurs, pardon, à la majorité présidentielle de cautionner cet acte qu’il ne serait pas exagéré de qualifier d’autocritique. Cette sollicitude des signataires des accords politiques de gouvernance serait, à coup sûr, pour Boubou CISSÉ, le moyen de légitimer ce coup de force ou du moins cet acte aussi inédit qu’inacceptable. À l’analyse de cette réaction du premier ministre, l’on croirait que ce corps de travailleurs qu’il a ainsi vilipendé, rien qu’en envisageant le remplacement, est le seul à manifester dans ce pays. En tout cas, c’est le lieu de rappeler à Boubou CISSÉ que d’autres syndicats, à l’instar de ceux de la magistrature et de la médecine illustrés à travers des prolongations records dans leur mouvement de grève et dont les populations ont presque souffert le martyr suite aux conséquences désastreuses qui en ont résulté. Pourtant, aucune mesure de radiation n’a été envisagée. Ces propos du chef du gouvernement traduisent à suffisance tout le mépris à l’égard d’un corps, longtemps considéré, comme étant le maillon faible de la chaîne sociale. Il faut noter que, pour occulter leurs promesses non tenues, le gouvernement de Boubou CISSÉ cherche à discréditer les enseignants grévistes par cette solution clivante. Par ailleurs, si, cette mesure annoncée, relative au remplacement des enseignants protestataires, n’est pas un coup de bluff, ou de chantage mal ficelé, sera assortie de conséquences regrettables pour les enfants lorsqu’elle sera adoptée. En effet, les raisons sont assez évidentes car même si ces éventuelles nouvelles recrues sont qualifiées comme l’atteste Boubou CISSÉ, elles manqueront, sans doute, d’expériences professionnelles pour être, du coup, titularisées à leur poste respectif, dans un domaine aussi sensible que l’enseignement. Cette situation se justifie du fait que nos autorités n’aient pas leurs enfants dans nos établissements publics. En attendant que cet ultimatum arrive à expiration, nous attendrons la réaction des enseignants concernés.
Souleymane KONATÉ/Duniya Kibaru.net

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