LES SYNDICATS SIGNATAIRES DU 15 OCTOBRE 2016 ARRÊTENT LE TRAVAIL POUR NON-PAIEMENT DES SALAIRES DE BAMAKO ET KAYES

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Les maliens ne sont pas encore au bout de leur surprise dans le feuilleton mettant en scène enseignants signataires du 15 octobre 2016 et le gouvernement de Boubou CISSE. Après l’échec cuisant des négociations, le gouvernement semble passer à la vitesse supérieure. En effet, la répression disproportionnée de la marche du mercredi passé, l’arrestation de certains enseignants, puis la convocation des secrétaires généraux, par le1er arrondissement de Bamako et l’arrêt de travail, prévu ce lundi attestent formellement de la nouvelle tension qui règne dans cette situation.

Depuis le début de cette année scolaire, enseignants signataires du 15 octobre 2016 sont en porte-à-faux avec le gouvernement. Ce n’est un secret pour personne, la pomme de discorde reste l’application de l’article 39. Chacune des parties, ne voulant rien céder, justifie le caractère interminable de cette grève ou du moins de ce bras de fer. Ainsi, pour faire pression sur le gouvernement, les enseignants ont jugé nécessaire de multiplier les marches. Cette stratégie, cependant, semble visiblement agacer les autorités dont Boubou CISSÉ et son gouvernement. La répression à la fois barbare et sanglante de la dernière marche illustre à suffisance cet état de fait. En effet, les populations de Bamako Coura ont assisté à de véritables scènes de guerre entre syndicalistes et forces de l’ordre et de sécurité. Ces violences ont finalement eu pour conséquence l’arrestation de sept enseignants du mouvement par le commissariat du 1er arrondissement et par ricochet la convocation des secrétaires généraux le vendredi 13 mars à 09 heures. C’est après entretien avec ces derniers que les syndicalistes arrêtés ont en fin de compte été relâchés. Il faut cependant noter que ce geste de la part des autorités n’a aucunement calmé les esprits. Pour cause, un mouvement d’arrêt de travail est signalé ce lundi 16 mars par les syndicalistes. La raison de cette mesure se justifie par le non – paiement des salaires enseignants de Bamako et Kayes. C’est donc en guise de solidarité à leurs collègues que ce mot d’ordre a été décrété. Cette attitude du gouvernement n’est pas sans soulever des interrogations au sein de l’opinion. En effet, ce paiement partiel des salaires pourrait bien s’assimiler à une manœuvre subversive, consistant à diviser le mouvement syndical pour mieux régner. Si l’arrêt de travail est suivi demain, les syndicalistes auront donc déjoué un autre raccourci des autorités, à vocation de fragiliser un mouvement qui semble jusque-là, résister aux assauts répétés d’un gouvernement en panne d’inspiration, et, qui s’illustre dans la multiplication des méthodes pantalonnades. Dans ce combat sans merci et sans répit, la seule certitude qui vaille est celle de la ferme détermination des syndicalistes à connaitre le pic de cette affaire, face à un gouvernement en pleine tergiversation virant dangereusement dans le totalitarisme si l’on s’en tient à la dernière marche des enseignants, violemment reprimée. De toute évidence, cette situation qui commence à déjouer tous les pronostics de par sa prolongation, a déjà atteint un seuil inquiétant, laissant libre cours aux commentaires. Point besoin de le dire, cette année scolaire est déjà fortement compromise et l’horizon d’où pourrait provenir la solution quelconque est visiblement obscurci.
Mohamed TRAORÉ/Duniya kibaru.net
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