RÉDUCTION EN CENDRES DU MARCHÉ À BÉTAILS DE FALADIÉ : ENCORE L’UNE DES CONSÉQUENCES DE LA MAUVAISE GESTION DE NOS AUTORITÉS

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Grand incendie, ce mardi 28 avril 2020, aux environs de 13 h, au marché de bétails de Faladié qui abritait plus de mille déplacés de guerre venant, en grande partie, du centre du pays. Ces éternelles victimes, sont aujourd’hui, abandonnées à leur propre sort, ou du moins devant se contenter de simple discours prononcés, à cet effet, par nos autorités.

Espérant replanter le décor, dans la soirée du mardi 28 avril 2020, le marché de bétails de Faladié est parti en fumée. Selon certains témoins oculaires de la scène, l’incendie serait provoqué par un dépotoir, situé à proximité du marché de bétails auquel l’on mettait le feu chaque jour pour le simple fait de brûler les ordures sèches afin de désengorger et d’y permettre le dépôt de d’autres. Toujours selon la même source, l’action du mardi fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. En effet, depuis 08h, le dépotoir se serait enflammé et aurait embrasé les lieux, aussi vite, telle de l’huile versée sur le feu, à cause du vent violent qui a soufflé, durant toute la journée du mardi, dans la ville des trois caïmans. Ainsi, inquiets par la recrudescence du feu, si l’on se fie aux propos de nos sources, les agents de la protection civile ont été très vite alertés de l’état d’évolution de la situation par la population qui est restée longtemps sans retour, et, pendant ce temps, le feu battait son plein.
Face au retard incompréhensible de nos soldats du feu, comme nous l’a appris un quadragénaire, l’incendie finit par se propager partout aux environs de 13h. Des marchands, aux bétails en passant par les clients, tous affolés par la flamme du feu, dans un vacarme sans précédent, se volatilisèrent dans un sauve-qui-peut. Quant aux voleurs, enthousiasmés par la scène, profitaient de cette panique, voire de ce tohu-bohu, causé par le diable rouge, pour entreprendre, dans une nouée de fumée, leurs basses besognes. La preuve fut que, juste après le feu, hormis certains animaux calcinés, plusieurs bétails étaient portés disparus. Ce qui vient engranger, à suffisance, le lot des pertes en ressources financières et matérielles. Quant au bilan humain, il ferait état de deux décès, en plus des personnes évacuées d’urgence vers les centres de santé.
Rappelons que ce lieu sinistré, puis que c’est de cela qu’il s’agit, était l’un des plus grands centres d’accueil des déplacés de guerre venus massivement du centre et du nord du pays, pour y trouver ultime refuge. En ces déplorables circonstances, ces réfugiés d’infortune représentent la couche la plus fragilisée. Abandonnés à leur sort, par les autorités compétentes en la matière, depuis leur arrivée à Bamako, comme l’ont témoigné plusieurs médias de la place, ces déplacés, en ces lieux hautement insalubres, croupissaient déjà sous le poids de la misère bien avant cette calamité. Pourtant, sauf hypocrisie ou mauvaise foi de la part de nos dirigeants, la loi fondamentale du pays repose sur le principe selon lequel « Tous les maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits. » D’où devait se manifester leur rôle d’assistance à ces concitoyens en détresse flagrante. Cependant, à part le soutien de quelques bonnes volontés, ces compatriotes végétaient dans une misère indescriptible, ce qu’est écœurant.
Ainsi, dans le souci de nous en tenir à notre position de témoin oculaire, au cours d’une interview, nous avons pu recueillir les cris de cœur d’une quinquagénaire dont les seules ressources, pour se nourrir, reposent sur la simple vente de ce qu’est resté de ses vieilles tôles et autres métaux brûlés.
Pour les sinistrés, cette situation est imputable à l’indifférence criarde des autorités qui auraient pu anticiper et empêcher la catastrophe si elles ne s’étaient vautrées dans leur passivité habituelle, en de pareilles circonstances. En effet, les élus locaux compétents en la matière, trop préoccupés à leurs affaires personnelles, n’ont subordonné leur rôle qu’à la vente de terrains.
De cette douloureuse situation, ressort certains dysfonctionnements notables de la part de nos autorités. Il s’agit entre autres de la lenteur légendaire des agents de la protection civile qui auraient pu limiter les dégâts. Par ailleurs, notons la négligence et la passivité du gouvernement de Boubou CISSÉ, qui, pour cette fois, aurait dû tendre à titre légitime la sébile, pour soutenir ces nombreux maliens réfugiés dans ces abris de fortune. Il est à remarquer, par-dessus tout, que cet incendie enverra, à coup sûr, de nombreuses personnes au chômage déjà recrudescent dans notre pays. De toute évidence, la condition actuelle de ces derniers est de nature à amplifier les frustrations et pourrait engendrer d’autres crises aux conséquences fâcheuses pour un pays qui peine à se remettre de ses multiples fractures sociales.
Souleymane DIALLO/Duniya kibaru.net

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