ADOPTION DE LA CHARTE DE LA TRANSITION POLITIQUE AU MALI : LE M5-RFP SE DÉMARQUE ET MÉNACE DE REPRENDRE LA RUE

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C’était hier au CICB qu’a été adoptée la charte de transition politique, présentée par la junte au pouvoir. Ce texte qui est le résultat de trois jours de concertations nationales n’a pas fait l’unanimité autour de lui. En effet, le document fut rejeté dans son ensemble par le M5RFP qui menace de reprendre, au besoin, la rue.

La junte militaire, actuellement au pouvoir, veut aller de l’avant. Pour cela, elle a présenté hier, au Centre International de Bamako, une Charte de la transition politique. Notons que ce document est le résultat de trois jours de concertations nationales. On peut dire que les maliens sont désormais fixés quant à la durée de la transition car le texte fixe à 18 mois cette période et charge un comité, formé par la junte, de désigner un Président civil ou militaire pour la diriger. Aussi, le texte adopté hier, par acclamations, fut rejeté par le M5-RFP, principal mouvement de contestation à l’ex-Président IBK, même si le M5 se dit ouvert aux discussions.
Il faut dire que les griefs faits au CNSP, par le mouvement du 5 juin, par rapport au contenu de cette Charte sont nombreux. Estimant que le débat a été confisqué par l’ancienne majorité présidentielle, le porte-parole du M5, Choguel Kokala MAÏGA s’est exprimé sur les ondes de Radio France Internationale en ces termes : « Si c’est nécessaire, cette lutte nous la reprendrons là où nous l’avons laissée le 18. Nous ne pouvons pas laisser notre pays aller à la dérive ; nous continuons à accréditer nos partenaires du CNSP de bonne foi. C’est des personnalités qui n’ont rien à voir avec le changement qui les ont mis sur cette voie. Nous ne connaissons pas dans l’histoire de l’humanité un seul cas où il y a eu un changement de régime où le changement a été mené par ceux qui l’ont combattu donc le CNSP ne peut pas opérer le changement avec des forces qui se sont opposées au changement jusqu’au 18 ou qui n’étaient nulle part et qui ont réapparu maintenant pour le prendre totalement en otage, le dévier de la voie du changement démocratique. Nous n’avons pas fermé les portes, nous avons fait une première déclaration qui est un coup de semence et nous allons aviser dans les jours à venir, après de larges concertations avec notre base et avec notre autorité morale, Imam DICKO avec lequel nous sommes restés en contact permanent. Je viens de lui rendre compte des conclusions de notre réunion d’aujourd’hui avant de les rendre publiques. Le M5 parle d’une voix unie. »
Par ailleurs, le M5, toujours par l’intermédiaire de son porte-parole, conteste vivement les délibérations issues des concertations nationales, qu’il trouve contraires aux aspirations du Peuple malien. Et, c’est encore sur les antennes de la RFI que Choguel a fait la déclaration suivante : «Le document final lu lors de la cérémonie de clôture n’était pas conforme aux délibérations issues des travaux des différents groupes. C’est les revendications du peuple malien qui ont été escamotées et nous avons eu droit à toutes sortes de manipulations des commissions, de salles remplies de militaires en armes, des personnalités que personne n’a mandatées qui se retrouvent être en train de jouer les experts, qui, désignent le CNSP comme étant le seul organe qui créera un collège qui va désigner un Président de transition. C’est pas pour ça que les maliens se sont battus. Vous avez toute une série de mesures démocratiques et de de refondation de l’Etat qui ont été complètement mis à coté et nous avons eu le sentiment qu’en réalité toutes ces journées ont été organisées pour orchestrer une volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir du peuple par et au profit du seul CNSP et de quelques courtisans qui se sont organisés autour d’eux. Donc nous nous démarquons totalement de ce document qui a été publié. »
Ces propos prouvent à suffisance que désormais le torchon brûle sérieusement entre ce vaste mouvement issu de la fronde populaire et La junte militaire, incarnée par le CNSP. Est-ce à dire que les maliens ne sont pas encore sortis de l’auberge ?
Toutefois, si l’on n’y prend garde, nous nous retrouverons à la case départ avec la longue série des manifestations populaires à effet paralysant.
SOURCE RFI

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