DÉMISSION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, IBRAHIM BOUBACAR KÉITA : UNE PREMIÈRE VICTOIRE POUR LE PEUPLE MALIEN

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La crise socio-politique au Mali a définitivement pris une autre tournure depuis ce mardi 18 Août 2020. En effet, le Président de la République, Ibrahim Boubacar KÉITA depuis son arrestation ainsi que son premier ministre Boubou CISSÉ, a finalement rendu sa démission avec la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée Nationale. C’était sur les antennes de la télévision nationale à 00h.

Le Président de la République, Ibrahim Boubacar KÉITA a finalement rendu sa démission, depuis Kati, de toutes ses fonctions et a prononcé par la même occasion la dissolution du gouvernement et celle de l’Assemblée Nationale, ce mercredi 19 Août à 00h.
Son arrestation est intervenue, à son domicile, à Sébénicoro par un groupe de soldats, en compagnie de son Premier ministre Boubou CISSÉ. Certains membres de son gouvernement dont notamment le ministre des finances et celui de la défense Dahirou DEMBÉLÉ ont connu le même sort. Depuis lors, aucune déclaration, n’avait été faite à propos. C’est donc à la suite d’une attente lancinante du peuple malien que le Chef de l’État s’est adressé à ses compatriotes pour mettre fin à toutes ses fonctions.
Cette situation est le couronnement d’un très long feuilleton politico-social qui entravait le bon fonctionnement des institutions. Notons que, pour cause, le dialogue avait été complètement rompu entre le mouvement du 5 juin et le régime sortant. Et, cela, en dépit de toutes les négociations ou médiations préalablement engagées, dont les plus récentes sont celles de la CEDEAO. L’intervention de l’armée était donc la suite logique dans un pareil scénario afin de soulager les populations. Une seule question trotte cependant dans les esprits : « Pourquoi IBK a-t-il attendu tout ce temps pour se plier enfin à la volonté de son peuple ? » Tout ça pour ça, est-on tenté de dire.
Il faut par ailleurs reconnaitre et saluer au passage le professionnalisme des soldats qui ont mené les opérations, depuis les tirs en l’air de Kati jusqu’à l’arrestation de l’ex- Chef de l’État, à sa résidence. En effet, tout le mérite, de ces vaillants soldats, réside au fait qu’une manœuvre, aussi délicate que celle-ci, ait été menée dans la plus grande sérénité et surtout sans effusion de sang. Cela atteste également de l’union sacrée et de l’entente qui règne parmi les différentes composantes de la grande muette du fait de l’absence de toute interposition entre les forces en présence. C’est donc un immense honneur, que ces visages, pourtant, presqu’inconnus du grand public, fait à l’armée dans son ensemble. Il s’agit bien entendu des colonels Malick DIAW, Sadio CAMARA et Hassim GOÏTA qui ont pris l’initiative et tous les risques y afférents de libérer leur pays de cette infernale impasse.
C’est la preuve que notre armée ne manque pas de vaillance, en son sein, en dépit des préjugés et du discrédit dont elle est depuis un certain temps victime. Cette action d’éclat, de la part de ces officiers, sus-cités, ne pousse-t-elle pas à penser que le mérite ne prévaut pas dans nos casernes ? Ou que les plus méritants d’entre nos porteurs d’uniformes ne sont pas associés à la gestion des questions sensibles, relatives à la vie de la nation ?
En tout cas, la démission, dans un délai record, du Chef de l’État, aura pour conséquence d’engager une transition rapide et de soustraire par la même occasion le pays des sanctions d’organisations régionales et internationales. C’est aussi le lieu de rendre un vivant hommage à IBK, qui, d’une manière ou d’une autre, abrège ainsi les souffrances de son peuple, d’éventuels embargos qui aggraveraient les conditions de vie déjà insupportables au quotidien, pour les maliens.
Cependant, si la page de la crise socio-politique semble tournée par la démission du Président de la République et la dissolution des institutions, force est de reconnaitre que le chantier reste vaste et les défis à relever sont colossaux. Il est vrai qu’en attendant de savourer cette première victoire, arrachée par les mouvements de contestations populaires et manifestée par des liesses populaires, la crise, à la fois sécuritaire, sanitaire et sociale, sévit à plein régime, sur toute l’étendue du territoire national.
De quoi redonner du fil à retordre au prochain gouvernement intérimaire et plus tard au futur Président de la République. Tout porte donc à croire que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge.
Souleymane KONATÉ/ Duniya kibaru.net

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