INTERVENTION DE LA MISSION DE LA CEDEAO AU MALI : LA MONTAGNE RISQUE D’ACCOUCHER D’UNE SOURIS

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Dans le cadre de la résolution de la crise sociopolitique, une importante délégation de la CEDEAO est présente dans notre pays depuis hier. Seulement, la tâche, qui attend l’organisation sous régionale, ne sera pas du tout aisée, en raison des antagonismes exacerbés, observés de part et d’autre.

La crise sociopolitique qui mine le pays, depuis un certain temps, préoccupe au-delà même de nos frontières. C’est dans cette optique que l’organisation sous-régionale, en l’occurrence la CEDEAO, a envoyé depuis le 15 juillet, une importante délégation afin d’y trouver un dénouement heureux. Il faut noter que mission de la CEDEAO, avec à sa tête l’ancien Chef d’État du Nigeria, Goodluck JONATHAN, n’en est pas à son premier coup d’essai.
En effet, sa toute première mission s’était soldée par des recommandations faites aux deux parties. Mais depuis, le fossé semble s’être davantage creusé entre le régime d’Ibrahim Boubacar KÉITA et les opposants du M5RFP.
Évidemment, notons que l’exacerbation des tensions entre les deux protagonistes est presque palpable eu égard aux revendications qui ne semblent pas beaucoup évoluer dans cette affaire. En effet si le mouvement du 5 juin, sur la base d’un compromis, avait abandonné sa revendication initiale dont celle fondée sur la démission du Président de la République, il faut reconnaitre qu’il est revenu sur sa décision.
Ce revirement de situation a été dû au rejet de son récent mémorandum par IBK. À l’analyse des revendications majeures des deux camps, à savoir, d’une part, la démission du Chef de l’Exécutif et la volonté du respect de l’ordre constitutionnel d’autre part, il est loisible d’affirmer que les positions actuelles sont très difficiles à concilier. Et, d’un autre côté, il faut reconnaitre que le M5, fort de sa grande popularité, se garderait bien de faire certaines concessions au risque de décevoir ses très nombreux militants.
Par ailleurs, ces différentes postures ont été renforcées par les évènements dramatiques des récentes manifestations dites de désobéissance civile. Aussi, reste à savoir comment la mission de la CEDEAO pourra concilier ces deux parties qui semblent aujourd’hui avancer dans ce qui ressemble à un véritable dialogue de sourds. Aux yeux des opposants du M5, IBK n’est plus un interlocuteur crédible. Quant à ce dernier, il s’accroche à son fauteuil en se focalisant sur sa légitimité institutionnelle même s’il a presque tout concédé, excepté sa démission.
En tout cas, dans ces conditions, la mission des émissaires de la CEDEAO s’annonce particulièrement complexe pour sortir le pays de cette impasse qui perdure.
Souleymane DIALLO/Duniya kibaru.net

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