COVID-19 ET STIGMATISATION DES CHERCHEURS AFRICAINS : QUE REPROCHE-T-ON À LA PANACÉE MALGACHE ?

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En dépit de tout ce qu’on peut dire, le Madagascar semble pourtant définitivement débarrassé du COVID-19. En effet, depuis un certain temps, la grande île a mis en place un remède qui fait pour le moment des miracles. Baptisé CVO (Corona Virus Organics), testé sur l’ensemble des malades de la pandémie, la panacée s’est avérée très efficace, à en croire les autorités du pays. Pourtant, ce produit, qui devait susciter beaucoup d’espoir, est presque balayé du revers de la main, au plan international, jetant surtout le discrédit sur l’ensemble des chercheurs africains. Cette situation soulève de nombreuses interrogations et parfois même des réactions indignées.

Ces derniers temps, le corona virus a fait couler beaucoup d’encre et de salive, semant au passage la terreur et la mort. Mues par l’instinct de survie et mobilisées à grands renforts, toutes les compétences sanitaires de la planète sont à pied d’œuvre. En effet, face au COVID 19, c’est tout une course au remède qui est lancée, dont les acteurs sont les grandes firmes pharmaceutiques, les inconditionnels d’automédication en passant par les guérisseurs traditionnels. L’objectif recherché est de venir à bout de cette pandémie. C’est dans cette dynamique que le Madagascar, avec ces 121 cas déclarés positifs et zéro décès, en date du 26 avril 2020,  exhibe avec fierté et assurance, un remède miracle, susceptible de guérir du virus mortel. D’ailleurs, le lundi 20 avril dernier, le Président de la République malgache, Andry Rajoelina, a présenté ces remèdes composés d’une décoction et d’une tisane bio à base d’artemisia et d’autres plantes malgaches dont les noms n’ont pas été révélés, le tout mis au point par l’Institut Malgache de Recherche Appliquée (IMRA).

Président Malgache Andry Rajoelina

Cependant, de son invention à nos jours, ce remède qui devait logiquement susciter de l’espoir, en pareilles circonstances, s’est, au contraire, frontalement heurté à la réticence de l’OMS et autres laboratoires de recherches. Autrement dit, le Corona Virus Organics a presqu’été désavoué, sans autre forme de procès ou du moins pour des raisons inavouées. De toute évidence, à défaut de constituer le remède idéal, la panacée malgache aurait pu lancer les bases certaines d’une véritable recherche. Notons que cette attitude de l’OMS face à la panacée malgache a provoqué incompréhension et indignation de part et d’autre. Que peut-on reprocher au juste à un remède testé, par des chercheurs, sur des malades et dont le résultat est positif à plus de 61% ?

En tout cas, cette situation a fait penser à bon nombre d’observateurs que les  chercheurs africains sont regardés avec condescendance par leurs pairs occidentaux. Autrement, la logique aurait voulu que ledit produit soit minutieusement analysé avant tout jugement. Il ne serait donc pas excessif d’affirmer ici que la panacée malgache est purement et simplement victime de stigmatisation telle qu’illustré par les propos du président malgache, lui-même, sur la chaîne de télévision France 24, en référence au lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=0fc5e9d-cws  


Institut Malgache de Recherche Appliquée (IMRA).

Il faut noter que depuis les prédictions apocalyptiques faites par l’OMS à propos du COVID 19, concernant l’Afrique et relayées par certains médias occidentaux, les chercheurs africains se mobilisent et s’organisent comme ils peuvent. Et cela en dépit du manque criard de moyens à leur disposition. Nous sommes donc, pour le moment, loin du scénario des cadavres qui joncheraient les artères des villes africaines, selon certaines prévisions. Ce qu’a même poussé les plus sceptiques, quant aux compétences de nos chercheurs, à dire que les États africains camouflaient le nombre réel de morts suite à cette pandémie. Or, il faut, par ailleurs, remarquer que les chercheurs africains figurent en pole position au sein des meilleures équipes de recherches de la planète, comme on peut l’observer parmi les collaborateurs de l’illustre Professeur Didier RAOUL. Ce qui fait réellement défaut aux chercheurs du continent noir, ce ne sont pas les ressources intellectuelles mais plutôt les moyens matériels nécessaires à leur éclosion et à leur épanouissement.  Comme l’atteste le rôle prépondérant qu’ils jouent en ce moment face au covid-19 ; même s’il faut reconnaître les avantages d’un écosystème favorable et un système immunitaire habitué aux maladies apparentées à la pandémie. 

En attendant donc que se réalise le tableau macabre peint à l’endroit de l’Afrique part les partisans de l’apocalypse, les africains font du mieux qu’ils peuvent, l’instinct de survie oblige, pour affûter leur riposte. Et, jusqu’à preuve du contraire, le déconfinement se déroule bien à Madagascar et les élèves sont en train de retrouver le chemin de l’école grâce au COVID organics. Qu’on se le dise, le combat contre la pandémie ne sera un franc succès que dans un élan de solidarité mondiale, loin de toute forme de stigmatisation de l’autre, de relation condescendante et en dehors de tout calcul partisan.

Mohamed TRAORÉ / DuniyaKibaru.net

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