SANCTIONS DE LA CEDEAO CONTRE LE MALI : QUE VONT DÉCIDER LES CHEFS D’ÉTAT AUJOURD’HUI ?

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Après l’intervention de l’actuelle junte au pouvoir, la CEDEAO avait, conformément à ses principes, pris une série de sanctions à l’encontre du Mali en tant que pays membre. Cependant, la récente visite des émissaires, qu’elle a envoyés s’enquérir de l’état de la situation, pourrait lui faire réviser sa position par un renforcement ou un assouplissement des mesures précédentes. C’est bien dans ce cadre, qu’une rencontre des chefs d’État de l’institution se tiendra, exclusivement, demain, sur le Mali par visioconférence.

Les premières sanctions de l’organisation sous régionale, à savoir la CEDEAO, avaient été prononcées, à l’encontre du Mali en tant que pays membre, conformément à leurs principes, dès l’intervention de l’actuelle junte au pouvoir. Celles-ci portaient naturellement sur la fermeture des frontières avec les autres pays membres de l’espace CEDEAO, de la suspension du pays à toutes les activités de l’organisation et bien d’autres décisions contraignantes.
Aussi, l’envoie des émissaires de l’institution, dans le pays, pour constater l’évolution de la situation pourrait faire changer la donne des choses. En effet, à propos desdites sanctions, il faut dire qu’elles pourraient connaitre une évolution. De toute évidence, les dirigeants des pays membres opteront, soit pour un durcissement des mesures précédentes ou au contraire procéderont à leur assouplissement. Dans tous les cas, la décision qui découlera demain de cette rencontre virtuelle inter-chefs d’État, résultera du contenu du rapport que leurs émissaires, envoyés au Mali, leur auront fourni sur la situation qui prévaut.
Cependant, il faut d’ores et déjà déduire que certains faits majeurs, dans cette affaire, pourront peser en faveur d’une levée ou d’un allègement des sanctions précédemment prises. Il s’agit notamment, d’une part, des déclarations de l’ex-chef d’État lui-même, selon lesquelles il n’avait pas été contraint à la démission, qu’il avait agi délibérément et qu’il ne souhaitait plus être rétabli au pouvoir conformément à la volonté de ses pairs de la CEDEAO. Et, d’autre part, il faut noter la légitimité et la grande maturité de l’actuelle junte, à la direction des affaires, qui, contre toute attente, est convaincante et séduisante dans sa démarche et sa grande facilité à communiquer.
Par ailleurs, il faudra également tenir compte de certaines concessions faites par les militaires au pouvoir, à savoir, la libération de l’ancien Président de la République, détenu dans de bonnes conditions ainsi que celle des personnalités arrêtées en même temps que lui. D’ailleurs, certains pays amis, à l’instar du Sénégal, se sont déjà montrés beaucoup plus flexibles et compatissants quant aux premières sanctions. Dans tous les cas, tous les regards seront tournés vers cette concertation des chefs d’État par visio-conférence, à l’espoir qu’ils seront plus compréhensibles, dans le contexte actuel, des aspirations les plus légitimes du peuple malien et des souffrances qu’il endure déjà.
Cependant, serrer encore l’étau, en dépit des sanctions internationales, reviendrait à empirer la crise sociale et à compliquer davantage la lourde tâche de la junte et donc à asphyxier complètement le pays.
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru.net

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