VISIO-CONFÉRENCE DE LA CEDEAO SUR LES SANCTIONS AU MALI : LES CHEFS D’ÉTAT SERONT-ILS CLÉMENTS CETTE FOIS-CI ?

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C’est ce lundi 7 septembre qu’a lieu la visio-conférence des chefs d’État de la CEDEAO sur le Mali. En effet, les dirigeants de l’institution sous régionale ont décidé de se concerter quant aux toutes premières sanctions prises, suite à l’arrivée de la junte au pouvoir par ce qu’a été qualifié de coup d’État. L’objectif de cette rencontre virtuelle est de savoir s’il faut ou non alléger les sanctions déjà existantes.

Les dix-huit chefs d’Etat de la CEDEAO doivent se réunir ce lundi par visio-conférence pour décider notamment de la suite à réserver aux sanctions précédemment arrêtées contre le Mali après l’arrivée de la junte au pouvoir. Il faut rappeler que les dirigeants de l’institution sous régionale avaient posé de sérieux préalables à la levée de ces sanctions. En effet, après une première visite dans notre pays suite aux récents évènements, la CEDEAO s’était engagée à renoncer aux dites sanctions si la junte libérait le Président renversé qu’elle détenait ainsi que toute sa suite. Par ailleurs elle avait également exigé que le Président de la transition ainsi que le premier ministre ne soient pas des militaires, donc, la remise du pouvoir aux civils. Aussi, l’institution ouest-africaine avait recommandé que les élections se tiennent par la même occasion dans un délai de 12 mois.
Aussi, faudra-il le rappeler, une première visioconférence n’avait pas permis la levée des sanctions, en dépit du geste d’envergure qu’avait fait la junte, à savoir, la libération d’Ibrahim Boubacar KÉITA. Les Chefs d’État de la CEDEAO s’étant contentés de dire qu’ils réagiraient en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain.
Disons que depuis lors, et, par rapport aux exigences édictées, l’actuelle junte militaire s’était montrée très sensible. Cela s’est traduit par l’autorisation récemment accordée à l’ancien Chef d’État à être évacué vers l’étranger, précisément, aux Émirats Arabes Unis pour y recevoir des soins Médicaux. En plus, les tombeurs d’IBK, en l’occurrence les militaires, ont entrepris certaines initiatives allant dans le sens de l’apaisement à travers les concertations nationales qui ont lieu à Bamako et à l’intérieur du pays.
Notons que ces différents actes, à la fois forts et concrets qui traduisent à suffisance toute la bonne foi de la junte, devraient être déterminants pour influencer les décisions de la CEDEAO en faveur du Mali. Cependant, dans cette situation d’incertitude, les chefs d’États de l’institution ouest africaine pourraient au moins concéder aux maliens la possibilité des transactions financières. Il faut reconnaitre que les premiers effets de ces restrictions de la CEDEAO se font déjà sentir au niveau des banques et des éleveurs. Dans ces conditions, si la situation restait en l’état, cela rendrait encore plus difficiles les choses. Et, à la longue, le risque d’un soulèvement populaire serait imminent.
Malgré tout, quoiqu’il advienne, les maliens devraient se tenir prêts à parer à certaines éventualités car la junte militaire ne saurait satisfaire à l’ensemble des exigences de la CEDEAO sous peine de voguer à contre-courant de certaines aspirations légitimes du peuple souverain du Mali. Eu égard à cette réalité, ce sera à nos chers dirigeants, réunis en visio-conférence, d’être plus réalistes et tenir compte du caractère très spécifique du cas malien, dans la prise de leurs décisions de ce jour.
De toute évidence, tout radicalisme, de part et d’autre dans la gestion de cette affaire, s’avérerait improductif et n’engendrerait que de fâcheuses conséquences au plan socio-économique, au grand dam des populations qui en souffriront le plus.
Or un peuple qui a faim n’a point d’oreilles. À bon entendeur, salut !
Souleymane KONATÉ/Duniya kibaru .net

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